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mercredi 1 août 2012 à 08:51

Mouton Charollais

A Palinges ce vendredi 3 et ce samedi 4 août : deux jours pour célébrer une saga de 50 ans !



 C’est une véritable success story de cinq décennies que l’on s’apprête à célébrer à Palinges ce week-end. Incomparable vitrine du savoir faire des éleveurs sélectionneurs, le 50e concours national du Mouton Charollais, dont la réputation est internationale, aura lieu vendredi 3 août dans la grande allée du château de Digoine à Palinges. La fête se prolongera samedi 4 août.

 

 

 

 

 

 

Photo d’archive du Concours de 2011

 

 

 

Au début du 20e siècle, il y a dans la région une population ovine relativement homogène, issue de l’introduction de sang Dishley au 19e siècle dans des troupeaux du centre de la France. Ces moutons sont réputés pour leur viande et les femelles sont prolifiques. En 1962, quelques éleveurs des environs de Palinges et Charolles, emmenés par M. François de Launay, ont l’idée de consacrer un concours à ce « mouton de pays » – c’est ainsi qu’on l’appelle. Cette première édition obtient plus qu’un succès d’estime : 24 éleveurs y participent et l’affluence populaire surprend tout le monde.

 

 

 

Du « mouton de pays » au « Mouton Charollais »

 

 

À la suite de ce concours, les organisateurs sont gagnés par l’idée un peu folle de définir une conformation type, un « standard », et d’entamer un processus de sélection avec l’objectif de créer une race. Sitôt dit, sitôt fait, 900 bêtes des 24 troupeaux ayant participé au premier concours, sont alors inscrites sur un livre généalogique. On les suivra et, parmi leur descendance, on utilisera comme géniteurs, les sujets les plus conformes au « standard ».
L’année suivante, en 1964, le groupe pratique une première sélection et participe à la foire aux béliers de Bellac où, sur les 50 animaux présentés, 49 sont vendus ! Portés par ces succès à répétition, les éleveurs mettent en place un syndicat de vente… qui grossit rapidement : six ans plus tard, en 1970, il compte 80 éleveurs adhérents représentant globalement un cheptel de 3 500 brebis.

 

 

 

 

Digoine groupe des éleveurs

 

François de Launay et ses amis continuent hardiment sur leur lancée. Ils effectuent une demande auprès du ministère de l’Agriculture pour obtenir un agrément de la race et ne manquent pas une occasion de faire la promotion de ce mouton de pays devenu dans toutes les bouches « le Mouton Charollais ». En 1972, le syndicat participe au salon de l’Agriculture de Paris. Et c’est en 1974 que Jacques Chirac, alors premier ministre, signe le décret de reconnaissance de la race du Mouton Charollais.

 

 

La race ovine française qui s’exporte le mieux

 

Une UPRA (Union pour la Promotion de la RAce) est alors créée pour veiller au bon déroulement du processus de sélection. Et, au plan commercial, les choses s’accélèrent : dès 1975, les Britanniques se montrent intéressés et en 1976, ils importent des animaux. Ils sont suivis par les Allemands et les Portugais… En 1985, ce sont les Chinois qui bichent et achètent eux aussi des moutons charollais. Le syndicat de vente, se transforme en société commerciale. Dans les années 1990, celle-ci compte 180 membres élevant environ 10 000 brebis inscrites.

Malgré les crises sanitaires, l’UPRA Mouton Charollais garde le cap en matière de sélection. Aujourd’hui, le cheptel français en race pure est estimé à 380 000 femelles. Il est réparti sur l’ensemble de l’hexagone avec des implantations particulièrement fortes en Bourgogne, dans le Massif Central, en Poitou-Charentes, Limousin et le dans Sud-Ouest.

 

 

 

Le président Hubert Burtin

 

La race du Mouton Charollais, moins connue du grand public que celle des bovins Charolais, connaît pourtant, elle aussi, une diffusion mondiale. Le Mouton Charollais représente selon les années, entre 40 et 50% des exportations de génétique ovine française et est présente maintenant dans 33 pays. Chaque année, des reproducteurs sont expédiés sous tous les climats : du Canada à la Chine en passant par la République Tchèque, la Grande Bretagne, la Suisse ou la Turquie. La race s’adapte bien partout.

 

 

 

Qualités bouchères et aptitudes maternelles

 

Que ce soit en France ou à l’étranger, la race du Mouton Charollais est aujourd’hui connue et reconnue pour les excellentes aptitudes maternelles de ses femelles, mais surtout pour ses indéniables qualités bouchères. Dans sa zone d’origine, un troupeau de moutons charollais peut atteindre une productivité pondérale de plus de 500 kg par hectare et par an ! Les béliers sont très recherchés soit en race pure soit en croisement sur d’autres races bouchères, rustiques ou laitières car ses qualités de précocité et de bonne conformation permettent d’obtenir des agneaux lourds sans excès de gras.

 

 

 

Photo d’archive du Concours de 2011

 

 

La grille EUROPA de classement des carcasses comprend cinq catégories : 1 = maigre, 2 = ciré, 3 = couvert, 4 = gras et 5 = très gras. Les carcasses de moutons charollais classés selon cette grille, se situent en moyenne en classe U3 et assurent ainsi à l’éleveur une valorisation maximale de sa production.
Par ailleurs, c’est une race de plein-air ou semi plein-air avec un agnelage de fin d’hiver, mais qui se prête aussi à des agnelages « désaisonnés ».

 

 

Objectifs de sélection

 

 

Aujourd’hui, les objectifs de sélection des promoteurs de la race restent doubles :

 

– d’une part, conserver les aptitudes maternelles des femelles remarquables pour une race bouchère : précocité, fertilité, prolificité, valeur laitière ;

– d’autre part, améliorer encore les aptitudes bouchères : croissance, conformation, qualité des carcasses, état d’engraissement.

 

Il y a 18 mois, l’UPRA et la société commerciale ont fusionné dans un « Organisme de Sélection » (O.S) présidé par M. Hubert Burtin de Fontenay (canton de Charolles). L’O.S veille à maintenir une sélection de qualité. Celle-ci s’effectue à trois niveaux. En premier lieu, on contrôle en ferme les femelles inscrites. Deuxièmement on contrôle, chaque année pendant trois mois, les aptitudes bouchères des 200 meilleurs jeunes mâles dans quatre stations de testage : Palinges, Créancey en Côte d’Or et Nohant et La Souterraine dans la Creuse. Enfin les 10 meilleurs de ces jeunes béliers sont contrôlés sur descendance à la station de « Berry test » afin de repérer les mâles améliorateurs à utiliser prioritairement dans la race et dans le programme de sélection (accouplements raisonnés).

 

 

 

 

Photo d’archive du Concours de 2011

 

C’est ce formidable travail de sélection et de commercialisation que les personnalités politiques et du monde de l’élevage, célébreront vendredi lors du cinquantième anniversaire du concours de Palinges, où tout a commencé. Nul doute que le président Hubert Burtin et François de Launay, aujourd’hui à la retraite, seront à l’honneur.

 

 

 

Le programme des réjouissances

 

 

Le 50e concours national du Mouton Charollais de Palinges se déroulera les jeudis 2, vendredi 3 et samedi 4 août prochains, comme ce fut déjà le cas l’an dernier dans la grande allée face au château de Digoine.

 

Dès le jeudi, des délégations étrangères sont attendues pour un périple touristique en Charollais, suivi d’une table ronde technique en soirée, vers 18 heures.

 

Le vendredi matin, à partir de six heures, quelque 900 animaux participeront à ce 50e concours national de la race. À 13 heures, débutera la vente aux enchères nationale des agneaux testés en station.

Toute la journée des dégustations de viande et de nombreuses animations seront au programme, à l’intention du grand public (expositions de bovins, de volailles, des croqueurs de pommes, démonstrations, chiens de troupeaux, baptêmes en montgolfière, visite du parc du château…). Des bovins Charolais inscrits, seront également de la partie. la manifestation est organisée avec le soutien du Pays Charolais-Brionnais ainsi que du Crédit Agricole et du Conseil général.

 

Samedi 4 août, la fête se poursuivra avec des animations variées et une très belle exposition d’animaux.

 

 

 

 

Renseignements et réservations pour les repas du soir au 03.85.24.00.18 ou au 06.87.34.63.39.

 

 

Texte et photos : Jean-Pierre Laveder

 

 

 

 

 

Digoine château

 

 

 

 

Digoine Serre classée du château

 

 

 

 



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