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lundi 28 mars 2016 à 07:04

Du côté de la librairie…

Envie de lire… au gré des continents et des pays




Mas Arai est un jardinier Kibei de 70 ans : né américain, il vivait enfant au Japon, à Hiroshima, le jour du picodon…où la bombe est tombée… Aujourd’hui, à Los Angeles, la vie de Mas Arai est rythmée par ses journées de travail et son attention entièrement portée vers ses outils : sa vieille camionnette, sa tondeuse…et ses clients. Il vit seul : sa femme est morte et sa fille est partie vivre à New York. Mais cette vie qu’il s’est construite pour éviter de penser va progressivement se disperser : les vieux démons vont ressurgir, le bachi (l’esprit) va venir régler ses comptes…

 

 

 

 

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Ce roman noir permet de découvrir les processus qu’ont pu mettre en œuvre les personnes ayant vécu des événements tels que celui de la bombe H pour oublier. Comment vivre en déraciné permanent tout en évoluant au sein d’une communauté. Et surtout, comment des éléments enfouis peuvent ressurgir, inattendus… D’une vie bien rangée aux parties de poker clandestines, des secrets familiaux à l’histoire de l’humanité, la « Malédiction d’un jardinier Kibei » nous promène d’un univers à l’autre en recollant des morceaux d’une vie qui n’est pas celle que l’on voulait affirmer.

 

 

 

 

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Naomi Hirahara. La malédiction du jardinier Kibei. Editions de l’Aube, 2015. 320 p. 21 €

 

 

 

Dans ce livre, écrit à la première personne, on suit la vie décousue de Hildur Von Bingen (une femme, si l’Islandais ne vous parle pas…). Suite au décès de sa mère Siggy, Hildur se rend sur une toute petite île, Flatey, dernière demeure de cette dernière, qui lui lègue une petite maison jaune. Elle replonge alors en flash-back dans ses années d’enfance, d’adolescente et d’adulte accompagnées par une mère excentrique, éternellement mal dans ses baskets. On découvre alors toute une filiation de mal-être, des personnages plus ou moins étranges illustrés par des moments de délire purs… 

 

 

 

L’histoire navigue entre des hommes et des femmes à la fois très excentriques (chacun à sa manière) et très terrestres au sens propre du terme. Les noms de lieux sont une invitation au voyage juste à la lecture, quelquefois même imprononçables… Un voyage en Islande et dans les pays du Nord où les êtres humains semblent liés autant aux esprits qu’à la mer et à la terre… Un livre indéfinissable, qui change les idées, pas forcément difficile à lire même si l’histoire semble décousue et par moment hypnotique…

 

 

 

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Soffia Bjarnadötti. J’ai toujours ton cœur avec moi. Paris : Zulma, 2016. 144 p. 16.50 €

 

 

 

Bien plus léger, nous voici partis en Allemagne, au fond de l’Est-Allemagne de l’Est, à Birkow. C’est ici que Kiki, sa fille et son mari ont décidé de venir retaper une vieille école dans le but d’accueillir des jeunes. Au détour d’une semaine de congés, ses quatre amies Eva, Caroline, Estelle et Judith, vont vite découvrir que la tâche s’avèrent beaucoup plus compliquée que prévue et que Kiki surnage à grand’peine entre dette, travaux à faire, toit percé et animosité des habitants… Ce roman, qui permet de retrouver les héroïnes de « En route vers Compostelle » et « Jeûnes et Jolies », permet de dresser une agréable parenthèse de lecture. Léger et frais, plein de bons sentiments, avec une pointe de suspens, il déroule au fil des pages les caractères de chacune des cinq femmes sur fond de retour à la nature et de déco champêtre. Facile à lire, rafraichissant.

 

 

 

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Monika Peetz. Tous au gîte. Paris : Presses de la Cité, 2016. 332 p. 21 €

 

 

 

Etrange proposition que celle de Jennifer Dubois qui nous entraîne dans les tréfonds d’une Russie pour son premier roman. Deux destins vont s’y entrecroiser : dans la Russie d’aujourd’hui : Alexander Bezetov, joueur d’échec arrivé trop vite au sommet de sa gloire et qui cherche désormais à battre Poutine aux élections présidentielles, et Irina, jeune américaine condamnée par la maladie de Huntington dont le père, touché par la même maladie, avait correspondu avec Bezetov pour lui demander quelle attitude adopter quand on sait que la partie est perdue d’avance. Ces deux êtres un peu perdus vont chacun entamer un chemin vers des victoires impossibles, parsemées de gravité et d’ironie, mais auxquelles ils croient. Cette réédition en poche ne laissera pas indifférent et plongera les lecteurs dans une Russie corrompue où l’espoir ressurgit malgré tout.

 

 

 

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Une histoire partielle des causes perdues. Paris : Livre de Poche, 2016. 564 p. 8.30 €

 

 

 

Direction la Suède pour retrouver le désormais célèbre Jonas Jonasson, auteur du non moins connu « Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire ». Dans ce troisième opus, nous voici face à quelques personnages hauts en couleur : Dédé le Meurtrier, homme de main alcoolique en passe de devenir croyant, Per Persson, réceptionniste d’un hôtel anciennement dédié aux charmes féminins, et Johanna Kjellander, pasteur(e) non croyante et dangereusement fantasque. Tous les ingrédients sont là pour nous plonger dans une étrange association de malfaiteurs. Et pourtant, j’avoue, je n’ai pas accroché à l’histoire. Un peu trop prévisible, jouant sur la veine humoristique et littéraire des précédents romans, les ficelles m’ont semblées un peu grosses. Difficile de se laisser emporter car trop attendu en termes d’humour. On ne peut cependant que convenir de l’originalité de l’histoire et du côté farfelu de cet « Evangile selon Dédé ». Un petit changement serait le bienvenu pour ne pas tomber dans la redite.

 

 

 

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Jonas Jonasson. L’assassin qui rêvait d’une place au paradis. Paris : Presses de la Cité, 2016. 382 p. 22 €

 

 

 



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