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mercredi 15 août 2012 à 11:38

Coutelière et ferronnière d’art

Elsa Fantino (Jully-les-Buxy) une artiste atypique connue dans le monde entier



 

Sportive de haut niveau, artisan créateur et escrimeuse médiévale de spectacle, Elsa Fantino est une jeune femme aux multiples compétences, avec une histoire personnelle pas banale. Petite incursion dans la vie de celle qui en a bavé, pour enfin arriver à se tailler une place de choix dans un métier traditionnellement réservé à la gent masculine. Car Elsa, qui habite Jully-les-Buxy est coutelière et ferronnière d’art.

 

 

 

 

Elsa dans son atelier

 

 

 

C’est l’histoire d’une petite fille qui connait une enfance dorée dans le Beaujolais, théâtre de ses précoces aventures en forêt, à dos de poney et une herbe au coin des lèvres. Môme plutôt androgyne, Elsa rêve de grands espaces et attend impatiemment le frisson des grandes aventures. Sportive de haut-niveau, elle excelle en plongeon de haut-vol, puis en judo. Mais déjà, la jeune Elsa s’essaie au bricolage, invente, assemble et installe même un établi dans…sa chambre ! Plus elle avance en âge et plus elle ne rêve que d’une chose, comme elle dit en riant : « aller voir ailleurs si j’y suis ».

 

 

 

 

 

Un travail difficile physiquement

 

 

 

Désirant suivre une formation en anglais, la voici partie à Lyon où elle en profite pour pratiquer la plongée sous-marine. Une fois le bac en poche, ce sera le grand départ pour l’Australie. « Pour chercher des réponses à mes questions » dit-elle. Revenue au pays, elle se met à pratiquer l’escrime médiévale de spectacle avec la Compagnie Excalibur. Et là, miracle ! Le déclic se fait…Le son des lames qui s’entrechoquent lui procurent une fascination intense. Comme Elsa le précise « d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours manié les outils tranchants ». Le premier auquel elle s’est attachée, à 7 ans, a été sa « Vendetta » (couteau en carbone) ramenée de Corse. Et c’est ici que la vraie histoire débute…
Elsa Fantino, qui a à l’époque 22 ans, a eu un jour la bonne idée de frapper à la porte d’Yves Pellequer, président de la Guilde Française des couteliers forgerons, en haut du Mont Lozère. Ce qui lui permet de s’entrainer à la forge certes, mais aussi de tisser un réseau qui lui ouvre la porte de différents ateliers. Et de s’orienter par la même occasion dans la ferronnerie d’art, avant d’avoir la chance d’effectuer un apprentissage chez Albert Hérissay, Compagnon de l’Union. Ce dernier relève l’énorme défi d’enseigner à une femme, chose qui ne se fait pas ou peu dans sa congrégation.

 

 

 

 

 

L’artiste expose dans des salons réputés

 

 

 

La jeune femme passe sur les débats qu’elle suscite avec quelques congénères face aux messieurs du métier. Ne lui reste que la volonté d’y arriver, face à cette école de rigueur qui aboutit à la médaille d’Or nationale des meilleurs apprentis de France. Excusez du peu !
Après un coup dur personnel et familial, Elsa sent la rage monter en elle. Et lorsqu’elle entre par hasard dans une salle de boxe pieds-poings, elle y déverse toute sa hargne avant d’y trouver sa place et de faire le lien entre la forge et la pratique des arts martiaux.

 

 

 

 

 

Dans les règles de l’art

 

 

 

La jeune Elsa trouve ensuite un poste dans une société où elle conçoit et dessine des modèles d’ouvrages de ferronnerie, trace des ouvrages grandeur nature et assure le suivi des projets, jusqu’à la pose. C’est l’époque de la ferronnerie haute couture, des projets pharaoniques de décorateurs vraiment sans limite. Des USA à la Russie, en passant par le Liban, elle enchaine les voyages et promène ses crayons, ses gants de boxe et sa soif de découvrir le monde.
Et un jour, l’artiste se pose, achète sa maison et monte son atelier, après un séjour aux Etats-Unis. Aujourd’hui, elle produit des objets de ferronnerie créative et surtout des couteaux. De superbes pièces, élégantes, avec des plaquettes en titane, des rivets en fer et de beaux étuis. Parmi ses modèles, des couteaux bruts de forge et d’autres, d’orientation de défense, présentant des tranchants avec une ligne de trempe sélective. Redoutable…comme des scalpels ! Elsa Fantino avoue qu’elle fabrique maintenant surtout de la coutellerie d’art, car moins « chronophage » que les gros objets de ferronnerie. Ses pièces lui permettent de s’exprimer artistiquement, contrairement aux modèles de ferronnerie qui sont commandés et donc imposés par le client.

 

 

 

 

 

 

 

Mais elle fabrique également de superbes modèles tels que portails, grilles, luminaires, mains courantes d’escaliers avec poteau sculpté, tréteaux en laiton pour bureau design etc. « Pendant des années – dit-elle – à travers l’adaptation de styles anciens à des espaces contemporains, j’ai répété inlassablement les gammes exigeantes de cet artisanat d’art. Le fer est une matière déterminée, il impose des contraintes avec lesquelles on apprend à jouer ».
La ferronnière d’art travaille aussi bien pour des particuliers que pour des décorateurs. Et si son atelier démarre doucement, Elsa arrive quand même à vivre de son art. « Pas facile pour une femme de percer dans le métier. Mais peu à peu, les gens me font confiance… » sourit-t-elle. Et c’est bien mérité lorsqu’on voit le travail de cette battante. Et son investissement, car il en faut du matériel pour pouvoir travailler correctement : outillage, forge, pilon, poste à souder, machines de découpe, polissoirs, machines à abraser etc.

 

 

 

 

 

 

Et que dire de ses nombreuses participations aux expositions, comme le Blade Show d’Atlanta (salon mondial du couteau), ou celles se déroulant en Suisse, en Belgique et autres pays. A ce jour, Elsa songe sérieusement à se rendre en Asie où un nouveau marché semble s’ouvrir. Mais en attendant, elle vous attend dans son atelier de Jully-les-Buxy où les amoureux de beaux couteaux et de belles pièces de ferronnerie se régaleront. Cerise sur le gâteau : les œuvres d’Elsa sont très abordables puisqu’elle met un point d’honneur à établir une gamme de prix étendue afin de permettre à tous de se faire plaisir en acquérant l’une de ses petites merveilles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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