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mercredi 10 octobre 2012 à 00:08

Mobilisation en faveur de l’emploi des séniors

Une action d'intermédiation en faveur des demandeurs



 

 

Et s’ils retrouvaient un travail

grâce à des retraités ?

 

 

Dans son Plan de mobilisation pour l’emploi, le service public de l’emploi local du bassin du Mâconnais s’est fixé un axe de travail en faveur du public des demandeurs d’emploi séniors, en s’appuyant sur l’expérience et le savoir-faire de l’association E.C.T.I. en partenariat avec Pôle Emploi, PLIE, et Cap Emploi…

Explication.

 

 

 

 

 

Les jeunes rencontrent des difficultés pour trouver un emploi parce qu’ils manquent d’expérience… Et ceux qui ont cette expérience rencontrent les mêmes difficultés parce qu’ils sont trop… vieux ! La quarantaine passée, à partir de 45 ans notamment, il est aujourd’hui difficile de se faire une place sur le marché du travail. Une question de mentalité sans doute quand on voit, par exemple, nos voisins anglais laisser travailler leurs aînés bien au delà de l’âge de la retraite.

Et les choses ne vont pas en s’améliorant. Depuis un an, en effet, la situation des demandeurs d’emploi relevant de la catégorie des seniors s’est fortement dégradée. Sur le bassin mâconnais, cette catégorie a augmenté de 14,2 % entre août 2011 et août 2012. Elle représente aujourd’hui 21 % de l’ensemble des demandeurs d’emploi de catégorie A, soit 898 demandeurs d’emploi sur 4206. Pire on devient sénior de plus en plus tôt. Certains « patrons » jugeant même qu’à partir de 30 ans, les employés ne sont plus jeunes.

Cette dégradation n’est pas propre au bassin mâconnais, puisque constatée aussi sur l’ensemble de la Saône-et-Loire.

 

 

« Plus 20 ans, mais de l’expérience et du savoir-faire »

 

 

Le service public de l’emploi local du bassin mâconnais a donc décidé d’engager une action en faveur des demandeurs d’emploi seniors pour enrayer cette tendance et redonner à ces hommes et ces femmes leur chance. « Il faut convaincre les employeurs que ces personnes n’ont certes plus 20 ans, mais qu’elles ont l’expérience et le savoir-faire et seront opérationnelles plus rapidement, avance Magali Sellès, secrétaire générale de la préfecture de Saône-et-Loire. Notre volonté aujourd’hui est donc de mettre en adéquation et en contact les demandeurs d’emploi et les employeurs. »

 

Des CV ont ainsi été sélectionnés par les différents partenaires (Pole Emploi, PLIE et Cap Emploi) qui connaissent la spécificité des demandeurs d’emploi. Et une association regroupant d’anciens cadres, responsables d’entreprises ou d’administrations, qui ont des relations avec les employeurs potentiels, a été contactée. Il s’agit-là de mener une action d’intermédiation.

 

 

Une associations de cadres retraités pour jouer les intermédiaires

 

 

Cette association, c’est ECTI qui regroupe des professionnels seniors retraités. Ils sont 2 000 bénévoles dans toute la France. 25 en Saône-et-Loire. Leur rôle : consacrer une partie de leur temps au service des PME pour les aider. « Nous sommes là pour les accompagner quand elles rencontrent des problèmes, explique Louis Boutard, le responsable départemental. On aide à faire les choses, mais on ne les fait pas à leur place. On observe, on leur dit ce qui va ou ne va pas et on les oriente vers des solutions. En tant qu’anciens dirigeants d’entreprises, on a certainement le contact plutôt facile. »

 

Dans la cadre de cette action de mobilisation pour l’emploi, un centaine d’entreprises a été contactée par l’association. De là ont débouché quelques rendez-vous et même des emplois. Les demandeurs d’emploi auront chacun un rendez-vous avec l’ECTI pour mieux les connaître et pouvoir ainsi mettre leur savoir-faire en avant auprès des entreprises.

 

 

« Enfin, on va nous aider… »

 

 

Pour tous, il s’agit d’un énorme coup de pouce. « Enfin, on va nous aider, avance une dame, la cinquantaine. Ce n’est pas tous les jours faciles : j’ai parfois fait jusqu’à six heures de route pour aller passer un entretien et on ne me rappelle jamais, même pas d’explications pour savoir pourquoi on n’a pas été pris. On doit aussi faire avec les gens maladroits. J’ai eu l’autre jour, un consultant chez Pôle emploi, qui m’a clairement dit qu’au niveau des embauches on était dans une période de jeunesse et de beautisme. J’ai compris le message ! »

 

Aujourd’hui, comme la quarantaine d’autre demandeurs d’emploi faisant partie de ce plan d’actions, elle attend des résultats. Ne reste plus qu’à patienter pour voir si ce coup d’essai des acteurs de l’emploi dans le Mâconnais sera transformé !

 

 

D. C.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




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