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jeudi 29 décembre 2016 à 09:38

Portrait….

Marie-Odile Levrat, une tisserande moderne qui travaille dans une étable rénovée



 

« J’ai installé mon atelier dans une ancienne étable » me dit mon interlocutrice en m’invitant à venir lui rendre visite. D’accord, moi je veux bien, mais les bottes en caoutchouc et les odeurs de la ferme, cela me correspond moyennement. Autrement, cela se saurait et puis, si cela était, je me serais inscrite à « L’amour est dans le pré ! ».

Mais conscience professionnelle oblige (et aussi curiosité oblige), me voilà en route pour la ferme. Après moult erreurs d’aiguillage (le lieu est à la sortie de Blanzy, très isolé), me voici enfin au bout du monde. Paysages magiques, champs à perte de vue, calme, sérénité…

Je stoppe ma Torpedo au beau milieu de la cour. Mon hôtesse m’attend avec un grand sourire et me propose derechef de me faire découvrir l’atelier.

Et là, je pousse un grand soupir (intérieur) de soulagement. L’atelier est clair, lumineux, moderne et de plus, il regorge de mille petites merveilles.

Car Marie-Odile est tisserande. Mais elle ne l’a pas toujours été…

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Nous sommes en 1976 et Marie-Odile Levrat officie derrière le comptoir d’un café « le Capricorne ». Mais en 1981, elle fuit la routine et ouvre sa propre boutique de mercerie au Bois-du-Verne. Elle la baptisera « Au fil de soie » et fera le bonheur des couturières, jusqu’en 1991, date de fermeture du magasin.

« Dans ce métier, raconte-t-elle, je m’épanouissais complètement ! ». Elle adore les fils, les couleurs, les textures des tissus et surtout, Marie-Odile donne des conseils judicieux à ses clientes. Transmettre son savoir, c’est devenu une vraie passion.

A la naissance de ses enfants, elle abandonne la mercerie pour leur consacrer du temps. A eux, mais aussi aux autres, puisqu’elle œuvre au sein de nombreuses associations, en qualité de bénévole.

Et puis, en 2010, la jeune femme vient s’installer au lieu-dit « Savy » avec sa famille. Le chemin est sans issue, tranquille. Très tranquille. Son époux fait de l’attelage, tandis que la mère de famille crée « Les couleurs font la mode ». Dans la fameuse étable !

Réutilisant le mobilier de la mercerie, elle y installe des centaines de pelotes de laine, de toutes épaisseurs, couleurs… Bref, un vrai arc-en-ciel ! Mais la laine à tricoter ou à crocheter, elle en a fait le tour depuis longtemps . Et décide un beau jour de se mettre au tissage.

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Elle achète donc un métier à tisser, se forme à son utilisation (assez simple finalement) en quelques heures et démarre sur les chapeaux de roue.

Jambières, cache-épaules, sacs, écharpes, pour adultes et enfants. Les pièces sont magnifiques : unies, mélangées à des fils ou laines différents, couleurs déclinées à l’infini… Waouhhh ! Votre serviteur reste bouche bée.

Transportée par cette nouvelle activité, Marie-Odile Levrat décide, en novembre dernier, d’assurer la vente des métiers à tisser, de former les potentielles clientes et de les suivre pas à pas dans cet apprentissage de tisserande.

Elle choisit tout d’abord une marque polonaise réputée (Kromski pour ne pas la nommer). Solides, tenant peu de place puisque pliants, ces métiers à tisser sont également d’une grande ergonomie (même les personnes ayant un handicap peuvent s’en servir). Les petits modèles (pour les écharpes par exemple) font 20cm de largeur et les plus grands 80 cm, avec des tailles intermédiaires. De plus, il existe des pieds pour travailler où bon vous semble. Et pas seulement sur une table…

Ainsi, l’individu lambda peut créer ses propres vêtements, en les tissant et en les assemblant comme des tricots. Dessus de lit, tapis, tableaux, présenteront des caractéristiques très particulières, selon votre imagination.

En effet, vous pouvez mélanger aux fils de la fourrure (synthétique précise l’artiste) du cuir, des perles, des boutons etc. Malheureusement, et c’est le seul bémol, il n’existe pas de revues tisserandes françaises sur le sujet. Alors, Mme Levrat, aidée de sa fille et son gendre, traduit les revues qui existent en langue anglaise.

« Quand une cliente vient acheter un métier à tisser, elle bénéficie de 3 h de mise en service et si cela ne suffit pas, je lui propose de revenir autant de fois que nécessaire pour une utilisation optimale du métier » précise-t-elle. Ajoutant que cela ne se produit pratiquement jamais car c’est tellement simple d’utilisation que tout le monde peut s’y mettre.

Ces loisirs créatifs s’inscrivent bien dans l’air du temps. En effet, les jeunes femmes (et pas seulement les seniors) se remettent à fabriquer des pompons, à utiliser des tricotins et maintenant des métiers à tisser !

Mais allez-vous me dire, ces métiers à tisser doivent avoir un certain coût ! Pas tellement finalement puisque le plus petit est à 159 euros, tandis que le plus grand coûte 219 euros. Avec les prix intermédiaires selon la taille.

Alors, outre le plaisir de créer ses propres vêtements et autres accessoires, qu’apporte donc le tissage ? C’est Marie-Odile qui le dit : « Cela apporte une très grande sérénité, un calme olympien et une telle satisfaction du travail bien fait que cela n’a pas de prix ! ». Et si tisser nous évitait les antidépresseurs ? A méditer…

Marie-Odile Levrat est joignable au 06 84 65 68 45, pour tous renseignements. Elle reçoit également le public, sur rendez-vous, pour faire des démonstrations de tissage.

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