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mardi 14 août 2012 à 09:31

Un Parodien retenu au Qatar

Il est assigné en résidence, sa sœur se met en grève de la faim…



 

Yves Pendeliau est prisonnier depuis un an…

 

 

Voilà 473 jours aujourd’hui que le Parodien d’origine est bloqué au Qatar à cause d’une interdiction de quitter le pays et d’un litige locatif… Malgré de nombreuses démarches entreprises pour déverrouiller la situation, rien de bouge. Et sa sœur vient d’entamer une grève de la faim pour trouver une issue et aider son frère…

 

 

 

 

 

Tout a basculé le 24 juillet 2011… Ce jour-là, Yves Pendeliau, qui travaille et habite au Qatar depuis 2007, se voit interdire un vol à destination de la France. Depuis, il n’a pas quitté le pays, ni revu la Saône-et-Loire et la région de Paray d’où il est originaire… Il est bloqué par un travel ban.

 

Ce 24 juillet, on lui interdit d’embarquer au contrôle des passeports de l’aéroport international de Doha sans aucune explication. « Je me suis alors rendu dans trois « cours de justice ». À la troisième, on m’a remis quelques documents en langue locale et on m’a dit que j’avais une semaine pour rejeter les termes des documents, explique Yves Pendeliau. J’ai appris que j’étais bloqué par un travel ban, une interdiction de quitter le pays, daté du 4 juillet 2011. »

La raison : un litige locatif. Suite à un changement de propriétaires de son appartement, on lui réclame environ 10 000 euros, correspondant à des factures d’eau et d’électricité. Une facture qu’il conteste fermement.

 

 

« Aucun dépôt de plainte, ni aucune autre procédure ! »

 

 

Selon lui, de toute façon, « la seule raison écrite sur le travel ban est que je ne dois pas m’échapper parce que je suis étranger. Le reste des commentaires n’est qu’excuses infondées dans un but d’extorsion de fonds écrites sur un document auquel on a donne une apparence officielle alors qu’il n’y a eu aucun dépôt de plainte en justice, ni par aucune autre procédure. De nombreuses personnes de toutes nationalités sont bloquées ici de cette façon, parmi lesquelles d’autres Français. C’est une pratique commerciale normale encouragée par les nations démocratiques. »

 

Ce technicien du gaz qui travaille depuis cinq ans au Qatar se considère aujourd’hui comme « un otage a l’intérieur des frontières du Qatar » quand il voit que toutes les démarches et tentatives de conciliation pour régler le litige sont restées vaines…

Les premières remontent au 25 juillet 2011. Au lendemain du refus qui lui ait fait d’embarquer, les services consulaires de l’ambassade de France à Doha lui recommandent l’avocat-conseil de cette ambassade pour défendre son dossier.

 

 

De nombreuses démarches entreprises depuis un an

 

 

« Celui-ci était en réalité un conseiller juridique français qui n’était pas autorisé à plaider en cour de justice. Il n’a jamais transmis mon dossier à un avocat qatari apte à le défendre, raconte-t-il. Et il a abandonné mon dossier sans le défendre en décembre 2011, me laissant livré à mon sort sans avocat pour me défendre, à la totale merci de la partie adverse.

En effet, l’ambassade de France n’ayant pas pris contact avec les autorités locales, je ne bénéficie pas de la protection consulaire. Tout cela avec l’approbation de l’ambassade de France au Qatar qui supporte discrètement cette  procédure de manipulation bien rodée et dont le but était de me placer entre juillet et décembre 2011 dans un état de désarroi tel que j’aurais cédé à toutes les exigences de la partie adverse sans que ni la justice locale, ni la  diplomatie française n’y soient mêlées.

Ce conseiller juridique français, qui n’avait pas de bureau dans l’ambassade, mais dans un cabinet d’avocat privé de Doha, a tout de même encaissé la somme de six mille Qatari Riyals pour une prestation qu’il savait qu’il n’exécuterait pas ! »
« Si cette affaire était passée par une procédure de justice, les autorités du Qatar auraient dû appliquer l’article 36-1-b de la convention de Vienne, poursuit-il. Ce qui ne peut pas être le cas pour une affaire de complaisance qui ne passe pas par un procédure en justice. »
 
Constatant que mon statut se dégradait suite aux actions de l’avocat-conseil de l’ambassade et « étant dans un état de détresse provoqué par les manipulations morales de ce faux-avocat en accord avec l’ambassade de France », Yves Pendeliau fait appel, en septembre 2011, aux services du cabinet Collard et associés. Et « bien que le virement de la somme demandée pour sa prestation ait été effectué, ce cabinet n’a pas défendu mon dossier », explique le Parodien.

 

Il contacte donc un cabinet d’avocats en Suisse fin mai dernier pensant que « dans ce pays, la diplomatie française n’aurait pas d’influence. » Ce cabinet l’oriente vers Maître William Bourdon qui a immédiatement accepté de prendre en charge le cas. Depuis avec Maître Joseph Breham, il multiplie les actions.
Un accord tacite avec la partie adverse est même trouvé en juin dernier. Il prévoit de céder partiellement à ses exigences pour le séquestre d’une somme communément établie. « Mais ensuite la partie adverse a fait traîner pour finalement préférer le séquestre bancaire au séquestre en cour de justice, une méthode préférable pour ceux qui ne veulent pas voir affaire a la justice ! », dénonce Yves Pendeliau.

 

 

Dernier rebondissement le 9 août…

 

 

Maître Breham est même allé à Doha pour rencontrer un des membres de la partie adverse dans l’enceinte de l’ambassade de France le 29 juillet dernier et « sans surprise, cette partie adverse a émis de nouvelles exigences toujours aussi dictatoriales et infondées. Un nouvel accord pour un séquestre d’une somme plus importante sur le compte bancaire de l’avocat de la partie adverse a été trouvé ! »
Sauf qu’un ultime rebondissement vient tout remettre en cause le 9 août. « J’ai reçu un courriel de Maître Breham m’expliquant que le propriétaire était revenu sur les engagements qu’il avait pris. Il a saisi en extrême urgence à la fois le procureur du Qatar, l’ambassadeur du Qatar et a sollicité l’ambassade de France pour qu’elle fasse de même. »

 

Yves Pendeliau est donc à nouveau dans l’attente. Lui qui est obligé de continuer à travailler au Qatar Shell « pour nourrir sa famille, mais aussi pour pouvoir conserver mon visa de résident au Qatar car sans visa résident, on ne peut plus travailler et l’on doit quitter le pays. Or, j’y suis bloqué par ce travel ban. C’est du travail obligatoire dans un but de survie ! »

 

 

Grève de la faim avant une ultime solution ?

 

 

C’en est trop pour Nicole Pendeliau, sa sœur. Las de cette affaire qui traîne et de ne pas pouvoir aider son frère, elle a entamé le 7 août une grève de la faim. Ce geste fort pour cette Parodienne déjà affaiblie par la maladie, une polyarthrite rhumatoïde déclarée il y a quatre ans, Yves Pendeliau ne l’approuve pas : « Elle détruit inutilement sa santé. Les gens qui me tiennent en otage étant des voyous et les gens de la diplomatie française (en charge d’assurer la sécurité des Français à l’étranger) étant inhumains ! »
Conscient que cette histoire à trop durer, il prévient :  « Si les actions en cours n’ont pas de succès , je n’aurai d’autre choix que celui d’envisager une évasion du Qatar… »

 

 

D. C.

 

 

 

 



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