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mardi 23 octobre 2012 à 13:41

« Les Êtres humaines » ce mardi à Paray-le-Monial

Une pièce autour des violences faites aux femmes qui doit ouvrir le débat



 

 

Les violences intra-familiales au cœur du débat

 

 

 

Le théâtre municipal Sauvageot de Paray-le-Monial accueille aujourd’hui deux représentations des « Êtres humaines », à 14 h 30 et 20 h. L’organisation de cette journée autour de la pièce de Valérie Gaudissart, témoignage sur le thème de la violence conjugale, est à mettre à l’initiative de l’antenne parodienne de l’association Le Pont, aidée de nombreux partenaires (Conseil général, CAF, villes…).

Son objectif : sensibiliser, ouvrir le débat et mettre les acteurs en relations pour créer un  réseau sur le Charolais-Brionnais.

 

 

 

 

 

« Les Êtres humaines » aborde de manière intime la complexité de la violence conjugale, la réalité du travail social et met en scène des paroles fortes souvent bouleversantes et nécessaires à entendre. 

Cette pièce, c’est le fruit d’un atelier d’une année à la Résidence de l’Écluse à Chalon-sur-Saône qui accueille des femmes et leurs enfants victimes de violences familiales et/ou de grande précarité. Cet atelier a réuni une comédienne, une scénographe, une metteur en scène, un musicien, les résidents du foyer, et les éducatrices et assistantes sociales qui les accompagnent dans ce chemin de la reconstruction, qui mène du statut de victimes à celui d’êtres humaines.

 

L’idée de la metteuse en scène, Valérie Gaudissart, était de faire avec les femmes résidentes et les femmes qui y travaillent un travail créatif autour des expériences vécues. « Devenir créative, qui plus est autour de sa propre histoire, permet de la regarder, de prendre de la distance, de le dire, de ne plus la taire, de la transmettre, de ne plus en avoir honte et de réclamer sa place dans le monde, explique-t-elle. Je voulais par le biais de la création, participer à cette reconstruction aussi bien sociale que psychologique de ces femmes traumatisées, en faisant appel à leur vitalité, leur fantaisie, leur imaginaire, toutes ces qualités restées enfouies, du fait de la violence et aussi du combat à mener aujourd’hui au quotidien pour retrouver une autonomie. »

 

 

Témoigner, reconnaître et encourager

 

 

L’idée était donc de témoigner et de faire comprendre quelque chose de l’intimité et de la complexité de la violence conjugale et de donner une reconnaissance aux travailleuses sociales dont les paroles clairvoyantes vont totalement à l’encontre des discours dominants (sur les profiteurs du RSA par exemple). Et en s’attachant à des figures féminines qui se sortent de longues années de souffrance, le spectacle propose des modèles encourageants.

 

Il a été joué en novembre 2011 à Chalon. Frédérique Pacaud et Gwenaëlle Perrousset, éducatrices spécialisées à l’association Le Pont à Paray-le-Monial, étaient dans la salle. Et, comme l’ensemble du public, elles ont été touchées. Elles ont donc voulu faire découvrir cette pièce témoignage sur leur territoire, dans le Charolais.

 

« Les violences, le départ, la reconstruction… ce sont des thèmes qui font parler, où il y a quelque chose à travailler, explique les deux jeunes femmes. Dans le Charolais, on a à faire avec des femmes violentées qui veulent partir de chez elles. On les aide et on les informe de ce qui les attend, mais il y a un travail important parce qu’il faut savoir qu’entre la volonté de départ et le départ réel, il y a en moyenne sept tentatives. »

Elles regrettent ainsi qu’il n’existe pas de réseau dans le Charolais. Un réseau capable de « faciliter » les choses. Leur objectif, par le biais de cette pièce, est donc d’amener les différents acteurs du territoire à travailler ensemble.

 

 

Violences intra-familiales : un réseau sur le Charolais ?

 

 

Comment différents corps de métiers peuvent mutualiser leur moyens ? Comment coordonner les aides les gendarmes et les services sociaux pour qu’ils travaillent main dans la main ?  Qu’est ce que chacun peut apporter à l’autre ? C’est à ces questions qu’elles espèrent apporter des réponses grâce à cette pièce et au débat qu’elle suscitera. 

« Les violences intra-familiales, c’est un sujet peut être plus tabou que des autres, on hésite encore à en parler, poursuivent les éducatrices. Souvent, on entend dire que cela n’existe pas sur le territoire, mais au contraire. Il faudrait donc définir un protocole, comme ce qui existe pour les personnes dans l’errance où le réseau fonctionne déjà. En effet, ce n’est pas parce que ces femmes vont avoir un toit que cela va aller tout de suite mieux. Il va parfois y avoir des problèmes d’addiction, une rupture familiale, il faut  les aider à reprendre des repères et même dans l’urgence, il faut savoir prendre son temps. »

 

La pièce vise un public très large (du public des salles de spectacle au public des accoles de travailleurs sociaux, de police, aux lycéens…) et obéit à une nécessité sociale et contemporaine puisqu’elle fait prendre conscience de certaines choses.

 

Place au débat maintenant…

 

 

 

Tarif : 2 euros.

 

 

 

 

 

 



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