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samedi 16 mai 2020 à 08:20

Des enfants encouragés à revenir à l’école

87 % d’écoles ouvertes dans l’académie de Dijon



Des enfants encouragés à revenir à l’école

 



 

Ce vendredi en fin d’après-midi Bernard SCHMELTZ, Préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté et Préfet de la Côte-d’Or, a tenu une audioconférence en présence de Pierre PRIBILE, Directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté, Jean-François CHANET, Recteur académique de la région Bourgogne-Franche-Comté, Recteur de l’Académie de Besançon, Nathalie ALBERT-MORETTI, Rectrice de l’Académie de Dijon, Jean-Paul CATANESE, Directeur régional des Finances publiques Bourgogne Franche-Comté et Jean RIBEIL, Directeur de la Direccte Bourgogne Franche-Comté.

François Chanet et Nathalie Albert-Moretti ont tenu un point concernant la reprise des activités dans les écoles. Revenant sur le retour progressif des élèves dans les écoles, François Chanet a souligné le fait que beaucoup de parents sont dans la peur « alors même que de nombreux efforts ont été faits. Cela a demandé un effort de formation au protocole sanitaire. »

 

Avant de poursuivre : « Notre devoir est de créer une montée progressive en charge dans le respect du protocole sanitaire, ce qui impose un effort d’ingéniosité pédagogique ».

 

Avant d’ajouter : « Ce que nous avons observé à Besançon me rassure pleinement sur la volonté, l’engagement dans la chaîne de l’éducation nationale au niveau des enseignants, des directeurs d’écoles, des DASEN etc. Tout le monde est mobilisé. Les infirmières sont mobilisées au service des premiers degrés. »

 

Quant au protocole en lien avec l’ARS, ce sont déjà 17 situations qui ont été traitées avec des résultats négatifs aux tests. Il s’agissait de 11 adultes et 6 enfants.

 

Pour le Recteur académique de la Région Bourgogne Franche Comté, la montée en charge peut se poursuivre : « Nous serons prêt ».

 

« Des élèves très contents de retrouver leur maître ou leur maîtresse »

 

Nathalie Albert-Moretti, Recteur de l’académie de Dijon, s’est exprimé à quatre niveaux : l’ambiance du retour à l’école, quelques données chiffrées, la prise en charge d’enfants en situation de handicap et la question des réseaux d’éducation prioritaire.

 

Sur le premier point, la reprise progressive s’est bien passée selon son retour avec un nombre d’écoles important réouvertes et avec une mobilisation qu’elle a jugé exemplaire des enseignants et des élus « ce qui produit un environnement serein et rassurant. On retrouve des élèves très contents de retrouver leur maître ou leur maîtresse ».

 

Effectivement de nombreux établissements ont ainsi travaillé la circulation des enfants dans l’établissement, dans la cour, par la mise en place d’entrées différenciées etc.

 

Toutefois le niveau de retour des élèves et de réouverture des écoles ne correspond à ce jour par aux objectifs de l’académie.

87 % des écoles ont réouvert dans l’académie de Dijon. 6 % des écoles devraient rester fermées jusqu’en septembre ou n’ont pas donné de date de réouverture. Et 7 % des écoles de l’académie ont retardé leur réouverture, ce qui devrait conduire début juin à la réouverture de 95 % des écoles à priori.

 

Pour autant cela ne signifie pas que tous les élèves soient rentrés en classe, loin s’en faut !

 

On est entre 10 à 12 % d’élèves présents par rapports aux effectifs. En CP, on est à 16 % dans l’académie dont 14 % en Saône-et-Loire contre 22 % en Côte d’Or et 10 % dans l’Yonne. On constate donc de très grandes variations suivant les territoires.

 

S’agissant des élèves en situation de handicap suivant des enseignements en milieu ordinaire, tous les élèves dont les parents ont fait connaître leur volonté de retour sont accueillis dans le dispositif ULIS. La quasi totalité des IME reprendra le 25 mai prochain.

 

Le vrai sujet d’inquiétude pour Nathalie Albert-Moretti est le faible retour des élèves des quartiers prioritaires de la ville. « Il est vraiment important que les élèves reviennent à l’école. » a déclaré le Recteur de l’académie de Dijon qui s’appuyait sur le faible taux de retour de ces enfants : 5,7 % de retour dans le réseau d’éducation prioritaire.

 

Il existe chez ces élèves une vraie fragilité dans certains domaines : ainsi 30 % d’entre eux rencontrent des difficultés en lecture orale.

 

François Chanet s’inquiète du risque social

 

Le Recteur de la Bourgogne Franche Comté s’est montré inquiet du risque social décrit par la situation des enfants des réseaux d’éducation prioritaire. Il craint un accroissement des difficultés scolaires pour ces enfants.

 

Pour les écoles qui n’ont pas encore ouvert leurs portes, le Préfet de Région prône le dialogue avec la direction plutôt que d’imposer des décisions : dialogue et concertation. « Nous comptons sur la dynamique positive pour convaincre. On doit poursuivre les échanges. Il y a toujours des moyens de droits pour trancher. Mais la priorité, ce sont les échanges et la pédagogie. Sur certains établissements, il y a de vraies difficultés. » a indiqué Bernard SCHMELTZ.

 

Le Recteur de Région a rappelé pour sa part que le protocole sanitaire avait été réclamé notamment par les organisations syndicales. « Une fois connu, il a été jugé inapplicable par certains élus » a-t-il ajouté avant de faire une parenthèse au cours de laquelle il a rappelé que certains élus se trouvaient dans une situation inédite avec l’interruption des élections municipales.

 

Il a ensuite souligné la forte implication de la majeure partie des élus dans la mise en application des consignes sanitaires et des contraintes parfois difficiles à appliquer.

« Je souhaite qu’on évite de culpabiliser qui que ce soit » a déclaré  François CHANET.

 

Certains parents ne souhaitant pas remettre leurs enfants à l’école ont peur que ceux-là redoublent. Et pour le Recteur académique il est hors de question que la crise sanitaire se double d’une crise sociale. Il a rappelé le travail de partage des tâches et d’organisation des enseignements entre les enseignants pour assurer le suivi des élèves en classe et à distance : « les solutions évoluent et diffèrent d’une école à une autre. Ce n’est pas à l’académie de dire ce qu’il y a à faire. Je demande qu’on fasse confiance aux pédagogues » a conclu François CHANET.

 

Dans les semaines à venir, le Recteur académique de Bourgogne Franche Comté compte bien poursuivre le retour progressif des élèves dans les classes, un retour qu’il juge tout à fait possible tout en respectant les consignes sanitaires.

 

Les semaines à venir montreront comment l’école peut se réinventer grâce aux circonstances exceptionnelles.

 

EM

 

 



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