Saint-Vallier : Le talent en partage avec Marie-Annick Nicolas
Ce dimanche, à l’ECLA, deux heures et demie de pur bonheur ont enveloppé le public, venu assister au concert de Marie‑Annick Nicolas, accompagnée au piano par Agnès Graziano. Plus qu’un simple récital, c’était un véritable moment de partage : la virtuose, reconnue dans le monde entier, a répondu avec générosité à toutes les questions posées par une salle conquise.
Il faut dire que la carrière de Marie‑Annick Nicolas force l’admiration. À seulement 24 ans, elle devient la première femme en Europe à occuper le poste de super soliste à l’Orchestre Philharmonique de Radio‑France, fonction qu’elle assumera durant six années. Depuis, une quarantaine de pays ont eu l’honneur de l’accueillir, et son nom résonne comme une référence dans l’univers du violon.
Agnès Graziano, partenaire idéale et virtuose affirmée
Quant à Agnès Graziano, son parcours force lui aussi l’admiration. Dès l’âge de 13 ans, elle décroche ses premières médailles d’or de piano au CRR de Lyon. Aujourd’hui enseignante au conservatoire Edgar‑Varèse de Mâcon, elle mène parallèlement une carrière de concertiste.
Depuis 2022, elle se produit dans toute la France en duo avec Marie‑Annick Nicolas. Leur complicité est évidente : elle traverse chaque pièce, chaque respiration musicale, et transforme le concert en un véritable dialogue artistique. Un régal pour les oreilles.
De Brahms à Grieg : un menu musical cinq étoiles
Le programme, riche et varié, a emporté le public dans un voyage musical : la « Danse Hongroise n°6 » de Brahms, le « Tango Marisol » de Naulais, ou encore « Love Them » d’Ennio Morricone.
Moment particulièrement émouvant : la « Suite populaire pour deux violons et piano » » de Chostakovitch, interprétée avec Corinne Puel, invitée par Marie‑Annick Nicolas, en raison d’une très belle amitié.
Le public a également savouré la « Nocturne pour piano » de Chopin, interprétée par Agnès Graziano, avant de se laisser porter par la poignante « Liste de Schindler » de John Williams. Le concert s’est conclu en beauté avec la « Sonate pour violon et piano » de Grieg, qui a scellé cette parenthèse musicale d’une intensité rare.
Un violon à 30 000 €, l’autre à prix immobilier
Parmi les nombreuses questions adressées à l’artiste, certaines ont suscité de véritables moments de complicité. On lui a demandé comment avait débuté sa prestigieuse carrière… à l’âge de 3 ans, ce qui a amusé autant qu’impressionné l’auditoire.
D’autres questions ont porté sur ses instruments : est‑elle propriétaire de son violon ? Oui, et même de deux violons. Celui utilisé pour le concert du jour vaut 30 000 euros, tandis que son second instrument atteint, selon ses mots, « le prix d’une très belle maison ». De quoi laisser le public rêveur.
Une complicité qui s’entend autant qu’elle se voit
On s’est également intéressé à la naissance de sa collaboration avec Agnès Graziano, ainsi qu’à la fabrication d’un archet, un sujet qui a captivé l’assistance, tant les détails sont méconnus du grand public. Autant de questions, et surtout autant de réponses passionnantes, qui ont donné à cette rencontre un caractère intime et chaleureux, bien au‑delà d’un simple concert.
Quand la main droite défaille, mais pas l’artiste
La soirée a pris une dimension encore plus exceptionnelle lorsque, en fin de concert, Marie‑Annick Nicolas a confié au public, visiblement émue et épuisée, qu’elle avait craint de ne pas pouvoir assurer cette représentation.
Un problème à la main droite, survenu peu avant, aurait pu l’empêcher de jouer. Or, pour un violoniste, la main droite, celle de l’archet, est un pilier absolu : précision, puissance, nuances, tout repose sur elle.
Ce qu’elle a accompli ce jour-là, relève donc du véritable tour de force. Non seulement elle a joué, mais elle a offert une prestation d’une intensité et d’une générosité rares, sans jamais laisser transparaître la moindre faiblesse. Cette révélation, partagée en toute simplicité, a profondément touché le public, qui a alors mesuré l’ampleur du courage et du professionnalisme de l’artiste.
Des compositions florales… et zéro hausse fiscale
En fin de concert, le maire Alain Philibert, a tenu à remercier les deux artistes à sa manière : en leur offrant à chacune une composition florale. Et, fidèle à son sens de la formule, il a aussitôt rassuré la salle en précisant que ce geste « ne fera pas augmenter les impôts ».
Les bouquets, a‑t‑il souligné avec un sourire, ont été financés… sur ses deniers personnels. De quoi faire rire le public et prouver qu’on peut offrir des fleurs, sans faire exploser le budget communal…
Quand le public se lève, c’est que la magie a opéré
Le public, déjà conquis tout au long de la soirée, n’a pas attendu la dernière note pour laisser éclater son enthousiasme. À peine l’archet levé et la dernière résonance dissipée, la salle entière s’est levée comme un seul corps, emportée par une émotion palpable. Les applaudissements ont fusé, longs, nourris, presque ininterrompus, comme si chacun voulait prolonger encore un peu la magie du moment.
Cette ovation debout, spontanée et unanime, n’était pas seulement un remerciement : c’était une véritable déclaration d’admiration adressée aux deux artistes. On sentait que le public avait pleinement mesuré l’intensité, la virtuosité et même le courage déployé sur scène.
Les bravos ont résonné, enveloppant les musiciennes dans un hommage vibrant, à la hauteur de la soirée exceptionnelle qu’elles venaient d’offrir.
Nelly Desplanches






























