Montceau-les-Mines – Un événement littéraire

Montceau-les-Mines a accueilli, ce mardi 28 avril 2026, un événement littéraire d’importance en recevant Yasmina Khadra, l’auteur algérien le plus lu dans le monde, défenseur des droits de la femme et de l’homme qui lutte contre l’obscurantisme.
En début d’après-midi, une rencontre avec les jeunes du lycée Henri Parriat a été organisé à la médiathèque et à partir de 18h 00, à l’Espace Culturel Leclerc, une séance rencontre – dédicace proposée au public.
L’adjointe Solange Capber (médiation culturelle, médiathèque, conservatoire et démocratie participative, citoyenneté) a rappelé que l’auteur était déjà venu à Montceau-les-mines en 2006 lors du prix des lycéens de Bourgogne pour « L’attentat ».
L’adjointe a salué l’investissement des professeurs Laëtitia Freniche et Mathieu Py qui portent le projet multiculturel sur cette classe de seconde.
Avant de répondre aux questions des lycéens, trois jeunes ont effectué une lecture à voix haute de trois extraits de trois romans de Yasmina Khadra.
Puis les questions se sont enchaînées et l’auteur a répondu sans tabou ni esquive avec disponibilité et franchise.
Ses réponses étaient ponctuées d’anecdotes et de souvenirs qui permettaient de resituer l’univers dans lequel l’auteur a évolué depuis son enfance.
Cette rencontre a permis aux élèves de découvrir l’homme de conviction qui manie l’humour, la dérision sur lui-même et qui ne se laisse pas griser par le succès.
« Le succès, c’est une rencontre du 3ème type ».
Sa ligne de conduite, il la résume ainsi : « Un combat de la dignité contre l’imposture, de la sincérité contre le mensonge ».
Il encourage les jeunes à ne pas se laisser aller à la facilité.
« La fiction me venge de la fiction du réel, des absurdités qui peuplent le monde ». Le rêve est encore possible. Les artistes apportent leurs touches et leur lucidité ».
« À 9 ans, j’ai été arraché à ma famille et je me suis retrouvé dans une caserne. Je pensais que j’étais maudit. Il y a deux choses qui m’ont sauvé : la rencontre de ma femme, la plus inspirante et la langue française.
Je vous souhaite des rencontres qui vous emmènent où vous voulez aller ».
Concernant, le succès, les médias, les affaires, … Yasmina Khadra pense qu’il y a une insalubrité médiatique.
« Il faut rester concentré sur votre travail. Vos meilleurs amis sont vos professeurs.
Le fait d’être traduit dans 60 langues dont une dizaine de dialectes, cela me responsabilise. On doit rester digne et avoir une ambition saine ».
Pourquoi lire ?
« Quelqu’un qui ne lit pas aura vécu sa vie à moitié. Le livre est un miroir qui permet de comprendre le monde. Allez vers ce qui vous éclaire. N’écoutez pas les discours de haine. Ces gens ne vous aiment pas, ils veulent vous contaminer ».
À 18h 00, Yasmina Khadra a pris la direction de l’Espace Culturel Leclerc pour une séance dédicace.
Dans un climat bienveillant, l’écrivain, toujours disponible, a pris le temps d’écouter et d’échanger avec ses lectrices et ses lecteurs de tous les âges.
Un moment suspendu, une parenthèse lumineuse au cours de laquelle chacun a pris la mesure de l’instant. L’occasion de faire dédicacer son nouveau roman intitulé « Le
prieur de Bethléem » qui dénonce le fracas et la dérive du monde.
J.L Pradines






















