Justice – Saint-Vallier
La justice a séparé un couple marié, ce jeudi 23 avril, suite à des violences que l’auteur conteste en grande partie, et justifie, pour ce qu’il en reconnaît, par « la jalousie ». Sa conjointe ainsi que tous les enfants entendus par la police, témoignent eux, d’une violence verbale constante et de violences physiques occasionnelles.
Il est né en 78 à Saint-Vallier, et c’est à Saint-Vallier que le 19 avril dernier la police a dû se rendre, appelée au secours par les filles d’une femme : violence au domicile.
Ce couple vit sous le même toit depuis 10 ans, s’est marié en 2025. La femme était déjà mère de trois enfants (dont la dernière a 17 ans), elle a eu une petite fille avec monsieur.
La femme travaille. Monsieur ne travaille pas. Une opération du dos, dit-il, l’a rendu inapte à son métier, il perçoit l’allocation pour adulte handicapé, mais le problème majeur réside dans sa « polytoxicomanie ».
« Quand il est en manque, il fait des crises, il est violent contre sa femme, il peut lui voler ses moyens de paiement » rapporte la présidente.
« Je ne l’ai pas tapée physiquement… Je l’ai maintenue, quoi »
L’homme a récemment fait une cure de désintoxication de plusieurs semaines mais « il a recommencé » en revenant. Madame parle de divorcer. Depuis 2017, dit-elle encore, il l’insulte, la dénigre, et parfois il est violent physiquement.
« Les quatre enfants sont entendus, dit la présidente, puisque même X, 5 ans, n’a pas été épargnée par les enquêteurs. Elle a entendu des cris, des insultes et a vu son père donner ‘un coup sur la bouche’ de sa maman. » De fait, la femme saigne de la lèvre quand les policiers arrivent.
Sur les violences antérieures, l’homme conteste absolument. Pour le 19 avril, il reconnaît : « J’avais des soupçons d’infidélité avec un homme de la pétanque, j’ai vu rouge. » A l’audience il dit : « Je regrette ce que j’ai fait. Je ne l’ai pas tapée physiquement… Je l’ai maintenue, quoi. Le coup dans la lèvre c’est pas moi. »
Bref, tout le monde l’accuse à tort ? « Ah ben oui ! »
« Les gestes décrits sont spécifiques », « ce sont des gestes extrêmement violents pour la victime »
La procureur revient lors de ses réquisitions sur ces gestes de « maintien » : « Monsieur ne reconnaît pas les faits sur la période qui va de 2022 à 2026, mais les gestes décrits sont spécifiques, ce sont des gestes d’emprise (au sens, ici, de dominer l’autre en lui imposant sa volonté, ndla). Prendre par la mâchoire, par le cou, écraser les pieds de l’autre pour l’empêcher de reculer : ce sont des gestes extrêmement violents pour la victime. » La procureur estime qu’on observe dans cette famille à la fois une banalisation des violences (les plus grands ne réagissaient même plus aux cris) et la perte de toute tranquillité au domicile.
Elle requiert une peine de 24 mois dont 12 mois sont assortis d’un sursis probatoire renforcé. « Pas de réquisition sur l’autorité parentale, je pense que c’est ça qui tient monsieur. »
« J’interviens dans le cadre de la permanence, dit maître Duquennoy, je n’ai donc pas eu le temps de voir si une solution alternative d’hébergement était possible. Donc je suis d’accord pour une peine mixte, mais je souligne que sa dépendance lui pourrit la vie et pourrit aussi celle de son entourage et que c’est un grand regret de monsieur, particulièrement à l’égard de sa fille. »
En 2021, nous étions à l’audience
Au casier du prévenu, 13 mentions dont 2 pour des violences et d’autres pour des outrages, infractions routières en lien avec les stupéfiants et l’alcool. En décembre 2021, il est condamné pour outrage, rébellion, violence à l’encontre des forces de l’ordre. On a retrouvé notre article, lisez-le, il dépeint ce naufrage qui n’en finit pas et il y est question de cette petite, à l’époque elle avait 11 mois.
https://montceau-news.com/faits_divers/671709-faits-divers-saint-vallier-la-police-porte-secours-a-une-famille-en-detresse.html
14 mois en prison puis deux ans de probation, retrait de l’exercice de l’autorité parentale sur sa fille
Le tribunal dit l’homme coupable de violence sur conjoint en présence d’un mineur et de violences ponctuelles ces dernières années, et le condamne à la peine de 24 mois de prison dont 12 mois sont assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans, avec obligations de soins en addictologie et en psychiatrie (il dit qu’il a été diagnostiqué comme souffrant de bipolarité en 2021, dont acte), interdiction de contact avec madame et ses enfants à elle, interdiction de paraître à son domicile.
Interdiction de percevoir la pension de réversion de madame, cas échéant.
Le tribunal ordonne le retrait de l’exercice de l’autorité parentale de monsieur sur sa fille (l’exercice, seulement, pour que madame puisse prendre les décisions seules, et que l’interdiction de contact soit respectée et puis ça sanctionne certainement les violences commises devant l’enfant).
Pour finir, révocation de 2 mois du sursis de 2021, avec incarcération.
14 mois de prison ferme en tout, il pourra de la prison préparer sa sortie, avec un autre logement.
Le couple est séparé.
FSA



