Montceau-les-Mines : Foyer des jeunes Travailleurs
L’assemblée générale du Foyer des Jeunes Travailleurs s’est tenue ce mardi 9 juin, en présence du président Éric Meny, du directeur Jérôme Dubuis, du directeur-adjoint Jean‑Luc Picarat, ainsi que de Christian Grand, trésorier de l’association.
Présents également, des élus de Montceau, Saint-Vallier, Blanzy, Gourdon et des représentants de structures et d’élus départementaux.
Discours d’ouverture du président
En ouvrant la séance, Éric Meny a souhaité la bienvenue aux participants avant de dresser un constat lucide du contexte actuel.
Il a rappelé que, dans un environnement social et économique de plus en plus contraint, les inégalités d’accès au logement, à l’autonomie et à l’insertion se creusent, renforçant la nécessité de l’action du FJT.
Selon lui, accueillir, accompagner et soutenir les jeunes dans leur parcours de vie n’est pas une mission secondaire, mais une nécessité sociale majeure.
« Le logement, a-t-il insisté, n’est pas seulement un toit : c’est un point d’ancrage, un levier d’insertion sociale et professionnelle, un espace où les jeunes peuvent se stabiliser pour mieux se projeter ».
Un taux d’occupation révélateur des besoins
Le président a souligné qu’en 2025, le Foyer affichait un taux d’occupation de 100 %, preuve de la demande massive et persistante sur le territoire.
« Nous devons offrir à ces jeunes un cadre sécurisant et les accompagner vers l’avenir », a-t-il rappelé, insistant sur le caractère indispensable des actions menées par l’association.
Des moyens qui ne suivent pas les exigences
Éric Meny a également pointé une contradiction devenue structurelle : on demande au FJT de faire toujours plus, avec toujours moins de moyens.
Il a tenu à saluer l’engagement de l’équipe, professionnelle et bénévole, qui permet malgré tout de maintenir un accompagnement de qualité.
Après ce propos introductif, le président a souligné un point essentiel : si le FJT parvient à maintenir un accompagnement de qualité, c’est grâce à une équipe engagée, soudée et capable d’absorber une charge de travail croissante malgré des moyens qui, eux, ne suivent pas.
Il a rappelé que « nos actions ne sont pas accessoires, mais indispensables », insistant sur la nécessité de reconnaître pleinement le rôle social du Foyer, dans un territoire où les besoins des jeunes restent massifs.
Le directeur Jérôme Dubuis a complété ce constat, chacun apportant un éclairage sur la réalité quotidienne du terrain, la pression sur les capacités d’accueil et les efforts constants pour maintenir un accompagnement individualisé.
Rapports d’activité des animateurs
L’assemblée s’est poursuivie avec la présentation des rapports d’activité. Nolwen Lefort, animatrice au FJT, a livré un exposé particulièrement vivant et complet des nombreuses actions menées au cours de l’année.
Son intervention a mis en lumière la richesse et la diversité des activités proposées aux résidents, qu’il s’agisse d’ateliers, de sorties, d’accompagnements individuels ou de projets collectifs. Son rapport, dense et varié, illustre le rôle essentiel de l’animation dans la dynamique du foyer.
Léo Chabonnier, animateur de vie collective, a ensuite présenté son propre rapport, revenant sur l’accompagnement quotidien des jeunes, la gestion du vivre‑ensemble et les multiples situations auxquelles l’équipe est confrontée.
Il a rappelé que le FJT accueille actuellement quatre‑vingts résidents, et qu’en 2024, cent onze personnes avaient été logées, contre cent vingt‑deux en 2025, dont quatre‑vingt‑huit hommes et trente‑quatre femmes. Le foyer assure également des hébergements d’urgence : dix‑sept hommes et une femme ont ainsi été accueillis pour une durée moyenne de sept mois.
Les profils des résidents témoignent de la diversité des parcours : à leur arrivée, une partie est étudiante ou scolaire, d’autres sont en CDI, en CDD, apprentis ou stagiaires. À leur sortie, quarante pour cent accèdent à un logement autonome, tandis que quarante‑quatre pour cent retournent chez leurs parents.
Les ressources restent très modestes : un quart des résidents vit avec moins de 488 euros par mois et plus des deux tiers avec moins de 1 019 euros. Douze d’entre eux bénéficient de l’aide des Restos du Cœur.
Dimension sanitaire
La dimension sanitaire n’est pas en reste. ISBA Prévention Santé a réalisé deux cent quatorze bilans de santé, ouverts à tous, tandis que Pré Ré Diab a assuré cent quarante‑et‑une consultations, permettant le suivi de soixante‑trois patients.
Ces chiffres rappellent que le FJT n’est pas seulement un lieu d’hébergement, mais un véritable espace d’accompagnement global.
La solidité d’une équipe
Cette assemblée générale aura une nouvelle fois mis en lumière l’ampleur du travail accompli par le Foyer des Jeunes Travailleurs et la solidité d’une équipe qui, malgré les contraintes, continue d’assurer une mission essentielle auprès des jeunes du territoire.
Les rapports présentés, qu’ils soient institutionnels, financiers ou d’animation, témoignent tous d’un même constat : le FJT est un lieu d’accueil, d’accompagnement et de reconstruction, où chaque action compte et où chaque jeune trouve un espace pour avancer.
Les chiffres, les activités, les suivis de santé et les parcours de sortie rappellent que le Foyer n’est pas seulement un hébergement, mais un véritable outil d’insertion sociale, éducative et professionnelle. Ils rappellent aussi que cette mission repose sur des professionnels et des bénévoles engagés, qui portent la structure avec conviction dans un contexte où les besoins augmentent plus vite que les moyens.
Le rôle indispensable du FJT
Au‑delà des bilans, cette assemblée a également révélé la fatigue, parfois la lassitude, mais surtout la détermination d’une équipe qui refuse de renoncer.
Les incertitudes qui pèsent encore sur certains projets, les lenteurs administratives et les responsabilités croissantes imposées au FJT ne doivent pas masquer l’essentiel : l’association joue un rôle indispensable dans le parcours de dizaines de jeunes chaque année.
L’enjeu des mois à venir sera donc de consolider ce qui fonctionne, de sécuriser ce qui doit l’être et de rappeler, à tous les niveaux de décision, que soutenir le FJT, c’est soutenir l’avenir de la jeunesse locale. Rien n’est plus concret, ni plus nécessaire…
Nelly Desplanches






