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lundi 15 juin 2026 à 05:23

La Claudine aime bien le week-end, mais parfois le lundi est le bienvenu.



 

 

 

Après la Fête du port, un succès énorme que cette version 2026, la Claudine a laissé vagabonder ses idées et voilà qu’elle a trouvé une nouvelle animation possible.

Pendant que certains réfléchissent à l’avenir de la planète, à l’intelligence artificielle ou au prix du carburant, il existe en France des gens qui consacrent une partie de leur vie à imiter… la mouette. Oui. La mouette. Et le plus incroyable, c’est qu’il existe un véritable championnat du monde du cri de la mouette.

Des adultes parfaitement équilibrés, avec un travail, une famille, parfois même un crédit immobilier, montent sur une scène pour pousser des « Kiiiaaa ! Kiiiaaa ! » devant un jury très attentif. Et ils sont notés, très sérieusement.

La Claudine a découvert cela récemment et, depuis, une question la hante : pourquoi Dunkerque aurait-elle le monopole des idées géniales ? Pourquoi, en effet ? Après tout, Montceau-les-Mines a toujours su faire preuve d’imagination.

Le Bassin minier a transformé ses puits de mine en paysages, en patrimoine et en lieux de promenade. Alors, se dit la Claudine, pourquoi ne pas créer notre propre championnat ?

Elle voit déjà les sceptiques lever les yeux au ciel : « Claudine, il n’y a pas la mer à Montceau ! » Ben, et alors ? Vous croyez que les mouettes regardent une carte avant de voyager ?

D’ailleurs la Claudine se dit qu’elle en a déjà vu quelques-unes passer par ici avec un air de touristes perdus. Et puis, à Montceau, nous avons largement de quoi faire avec les étourneaux, les pigeons de la place de l’Église, les canards du Plessis ou du canal, les corbeaux qui tiennent leurs assemblées générales sur les arbres du centre-ville, les tourterelles qui roucoulent dès cinq heures du matin sous les fenêtres des gens qui voudraient dormir. Nous avons même parfois des hérons qui se promènent avec l’air de propriétaires terriens inspectant leurs domaines. La Claudine en est consciente, le potentiel est immense. Et elle imagine déjà les catégories : le cri de mouette classique, le cri de mouette affamée devant un paquet de frites, le cri de mouette qui vient de repérer un sandwich abandonné, le cri de mouette qui s’aperçoit qu’une autre mouette a volé son sandwich – là il s’agit d’une catégorie très technique.

Puis viendraient les épreuves locales : le pigeon montcellien vexé, le canard du Plessis ou du canal un jour de pluie, la tourterelle insomniaque. Et pourquoi pas le merle qui chante à quatre heures du matin alors que tout le quartier dort encore ?

Le jury serait composé des habitants les plus qualifiés, de ces retraités qui passent plus de temps à observer les oiseaux que les ornithologues eux-mêmes.

Vous savez, ceux qui peuvent vous annoncer :

— Celui-là, c’est Maurice.

— Qui ça ?

— Le pigeon boiteux.

Il niche derrière la pharmacie depuis 2018.

Les récompenses seraient prestigieuses. Une coupe en forme de bec, un sachet de frites symbolique. Et surtout la gloire. La vraie. Celle qui fait dire :

« Tu vois ce monsieur là-bas ? »

« Oui. »

« Champion de Bourgogne du cri de mouette affamée 2026. »

Respect immédiat. La Claudine est persuadée que les entraînements commenceraient très vite.

On verrait des habitants s’exercer discrètement dans leur jardin. D’autres répéteraient dans leur voiture. Certains perfectionneraient leur technique au bord du lac. Les voisins seraient inquiets les premiers jours. Puis ils comprendraient. Ou pas.

Mais au fond, La Claudine trouve cette histoire formidable. Parce qu’à une époque où tout semble devenir compliqué, où les informations nous parlent sans cesse de crises, de conflits et de catastrophes, il existe encore des gens capables de réunir une foule entière autour d’un concours de cris de mouettes. Et rien que pour cela, ils méritent notre admiration.

Car il faut une certaine forme de génie pour transformer un oiseau braillard qui vole les sandwiches des vacanciers en discipline internationale. Finalement, le monde serait peut-être plus agréable si chacun trouvait une passion aussi inutile qu’essentielle.

Alors si un jour vous entendez, du côté du Plessis ou des Quarts, d’étranges « Kiiiaaa ! Kiiiaaa ! » résonner dans l’air montcellien, ne vous inquiétez pas. Ce n’est pas une invasion. C’est simplement l’entraînement du futur champion local. Et qui sait ? Peut-être que le prochain titre mondial ne sera pas remporté par Dunkerque. Mais par Montceau-les-Mines.

Oui, La Claudine sait bien que l’idée paraît complètement folle, mais c’est précisément pour cela qu’elle lui plaît.

Rendez-vous pour les entraînements.

 

 

Gilles Desnoix

 

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