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dimanche 30 mars 2025 à 06:26

Montceau-les-Mines



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L’IHS (Institut Histoire Sociale) et le Musée de la Maison d’école ont organisé samedi après-midi à l’auditorium des ateliers du  jour, une conférence à trois voix, par Anne Goirand Hohl, Philippe Péchoux et Morgan Poggioli, les auteurs de l’ouvrage collectif « Nous ne plierons pas »,  pour retracer l’ histoire d’une femme engagée, militante, Marie Guillot, une institutrice féministe, syndicaliste-révolutionnaire.

En effet, Marie Guillot, pionnière du syndicalisme, pacifiste, durant la 1ère guerre mondiale, fut la première femme à accéder en 1922 à la direction d’une centrale syndicale confédérée et responsable du travail féminin de la CGTU et la première femme secrétaire générale de l’Union départementale CGTU.

 

Gérard Burtin (IHS) et Patrick Pluchot (Maison d’Ecole) ont rappelé que cette conférence devait s’inscrire dans la journée du 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes mais ce décalage permet de préciser que c’est tous les jours qu’il faudrait en parler.

 

La conférence s’est déroulée en trois temps pour retracer ce riche itinéraire de Marie Guillot, institutrice à Saint-Martin d’Auxy, tombé dans l’oubli.

« Trop syndicaliste pour les féministes et trop féministe pour les syndicalistes », il lui  fut difficile de trouver sa place…

 

Marie Guillot adhèra à une organisation non-mixte, un groupe de la Jeunesse laïque et féministe, qui avait été lancé en septembre 1903 en Saône-et-Loire.

Elle fonda l’association des femmes de Saône et Loire en 1906, portée par un féminisme républicain anticlérical. Elle organisa des conférences avec des dirigeant(es) socialistes, ainsi que des campagnes de propagande pour le droit de vote des femmes.

C’est par le féminisme qu’elle se rapprocha du syndicalisme. Elle créa le 1er syndicat des instituteurs du 71, participa au congrès. En 1913 elle rejoignit la Vie Ouvrière. En 1916, elle créa un comité international pacifiste.

 

« Elle proposa d’organiser au sein des syndicats élargis, des « comités de syndicalistes révolutionnaires » dans lesquels les militants d’avant-garde pourraient se retrouver entre eux, se concerter, s’éduquer mutuellement, et définir la propagande qu’ils diffuseraient ensuite dans le syndicat proprement dit (La Vie Ouvrière, 23 juillet 1919). De la même façon, elle impulsa dans la Fédération la mise en place de Groupes féministes, destinés à remplacer (mais cette fois à l’intérieur des syndicats), les anciens GFU, en perte de vitesse depuis l’obtention de l’égalité des traitements (votée dans le budget de 1919) ».

 

Du côté pédagogique, elle mettait en œuvre le programme de la République. Elle revendiquait une pédagogie active en donnant la parole aux élèves. Elle fera des propositions de programmes alternatifs. Elle avait une vision globale.

Elle enseignait à ses élèves en suivant le principe, « il ne suffit pas d’être bon, il ne faut pas se laisser tondre ».

 

Accusée de prôner la « guerre sociale », Marie Guillot fut révoquée de l’enseignement, le 25 avril 1921. Elle fut réintégrée en 1924.

 

Elle meurt à Lyon en 1934.

 

« Par la parution de ce livre, les auteurs proposent de raviver la mémoire de cette femme à l’occasion du 90ème anniversaire de sa mort, une figure de l’histoire sociale française, qui a conjugué engagements féministe, syndicaliste et pédagogique ».

 

« Nous ne plierons pas »

Anne Goirand Hohl, Philippe Péchoux et Morgan Poggioli

Presses Universitaires de Dijon

 

J.L Pradines

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