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dimanche 3 août 2025 à 05:47

Fraude bancaire en ligne : le « carding », cette arnaque invisible qui vous vole sans bruit



 

 

Il faut en être conscient, chaque jour, des milliers d’euros s’envolent sans alarme, sans effraction, sans que vous le sachiez. Votre carte bancaire peut être utilisée à votre insu, depuis l’autre bout du monde. Cette fraude, appelée « carding », touche aujourd’hui tout le monde. Et personne n’en parle assez.

Ce sont des « cracqs », ils volent votre argent sans voler votre carte, mais ce ne sont pas des Arsène Lupin, pas des gentlemen.

Vous n’avez rien perdu. Vous n’avez donné vos informations à personne. Et pourtant, un matin, une transaction inconnue apparaît sur votre compte. Un achat dans un pays où vous n’êtes jamais allé. Une réservation d’hôtel, un colis expédié, un service numérique étranger. Ça m’est arrivé 2 fois, mais comme je regarde mon compte chaque jour, j’ai pu intervenir auprès de ma banque, qui a contre-attaqué. J’ai immédiatement changé de carte, c’est gratuit dans ce cas.

 

Bienvenue dans le braquage invisible, bienvenue dans le monde du carding, un monde dont on se passerait bien.

Le carding est une forme de cyberfraude qui consiste à utiliser des données bancaires volées pour effectuer des achats en ligne. Le plus souvent, la victime ne se rend compte de rien… jusqu’au débit. Ni alerte, ni contact humain. Juste un code, transmis d’un pirate à un autre.

 

Un clic, un piège : juste un simple instant et pfft vos données fuient.

La carte bancaire n’est qu’une suite de chiffres. Et ces chiffres, les escrocs savent comment les obtenir. Voici leurs méthodes les plus fréquentes :

  • Phishing (hameçonnage) : de faux e-mails ou SMS imitant votre banque ou un site connu vous demandent de « mettre à jour » vos données.
  • Malwares (logiciels espions) : installés à votre insu, ils enregistrent tout ce que vous tapez sur votre appareil.
  • Skimming : des dispositifs discrets posés sur des DAB ou bornes de paiement copient votre carte lors d’un retrait.
  • Pirates informatiques : lors de fuites massives (appelées data breaches), des millions de cartes sont extraites de sites e-commerce vulnérables et revendues.

Ces données sont ensuite testées automatiquement sur des sites peu sécurisés. Une fois validées, elles servent à acheter des produits, qui sont ensuite revendus, ou à être échangées entre escrocs, souvent sur le dark web.

 

Un système criminel bien structuré, et mondial… Merci internet.

Contrairement aux idées reçues, le carding n’est pas le fait de quelques hackers isolés. Il s’agit d’un véritable écosystème criminel, organisé à l’échelle internationale :

  • Des groupes spécialisés piratent et revendent les données.
  • D’autres testent les cartes volées à l’aide de bots sur des sites mal protégés.
  • Certains collectent, d’autres achètent, d’autres encore livrent les biens.
  • Les « carders » échangent sur des forums cachés, avec notation des vendeurs, tutoriels pour débutants et services client clandestins.

 

“Une carte volée peut se vendre entre 5 et 50 € sur un forum du dark web. La vôtre pourrait y figurer sans que vous ne le sachiez.”

 

Personne n’est à l’abri, personne, même les plus attentifs. Ces derniers réagiront avec efficacité et célérité, mais ils se feront pirater quand même.

  • Particuliers : retraités, étudiants, cadres… Le carding ne fait pas de distinction.
  • Professionnels et commerçants en ligne : utilisés comme terrain de test pour les cartes volées, ils sont également victimes.
  • Banques : elles doivent souvent rembourser les clients, mais subissent aussi des pertes et une détérioration de la confiance.

 

Les lecteurs de Montceau News se disent, en lisant ce qui précède : Mais que font les banques et les autorités pour lutter contre le carding ?

 

Du côté des banques :

  • Authentification forte (3D Secure) : depuis la directive européenne DSP2, tout paiement en ligne est soumis à une double vérification (code par SMS + validation dans l’application bancaire, reconnaissance faciale…).
  • Systèmes de détection comportementale : des algorithmes repèrent les anomalies (montants inhabituels, lieu d’achat suspect, horaires incohérents) et déclenchent des alertes ou bloquent la carte en temps réel.
  • Remboursement rapide : en cas de fraude avérée, la loi impose aux banques de rembourser dans un délai de 24 heures, sauf si la négligence du client est prouvée.

 

Du côté des autorités :

  • Unités spécialisées : en France, la BEFMP (brigade d’enquêtes sur les fraudes aux moyens de paiement), la gendarmerie (C3N) et la police nationale (OCLCTIC) enquêtent sur les réseaux de carding.
  • Plateforme PHAROS : tout citoyen peut y signaler un site suspect ou une tentative d’escroquerie en ligne.
  • Coopération internationale : via Europol, Interpol ou le FBI, des forums clandestins sont démantelés, comme Joker’s Stash en 2021. Mais ces sites réapparaissent vite ailleurs, sous d’autres noms.
  • Cybermalveillance.gouv.fr : ce site public aide les victimes à réagir et diffuse des conseils concrets de prévention.

 

Chiffres-clés d’un fléau discret

  • En France, la fraude à la carte bancaire en ligne a atteint près de 500 millions d’euros en 2022.
  • 70 % des fraudes sont réalisées sans contact physique, uniquement en ligne.
  • À l’échelle mondiale, le carding représente plus de 35 % des fraudes bancaires, pour un coût estimé à 30 milliards de dollars par an.

 

Au vu de ce qui vient d’être dit : comment se protéger concrètement ?

 

Pour les particuliers :

  • Activez le 3D Secure ou l’authentification forte.
  • Ne stockez pas vos cartes sur des sites inconnus ou dans votre navigateur.
  • Surveillez régulièrement vos relevés bancaires.
  • Ne cliquez jamais sur un lien douteux ou inattendu, même s’il semble légitime.
  • Utilisez un antivirus à jour sur tous vos appareils.

Pour les commerçants :

  • Intégrez une solution de paiement sécurisée.
  • Mettez en place des filtres antifraude comportementaux.
  • Faites régulièrement des audits de sécurité informatique.
  • Sensibilisez vos équipes aux risques de phishing ou de failles internes.

 

Ce qu’il faut absolument se rappeler, c’est que vous ne verrez jamais leur visage, mais eux, ils voient votre compte.

 

Le carding est l’arnaque parfaite : sans bruit, sans violence, automatisée, mondiale. Tant qu’on n’en parle pas, elle prolifère. Tant que vous baissez la garde, vous êtes une cible. Un seul réflexe : faire de la vigilance une habitude, et ne jamais oublier que votre carte bancaire n’est qu’un code. Le protéger, c’est se protéger soi-même.

 

Maintenant vous êtes avertis, alors vigilance, vigilance et réactivité.

 

Gilles Desnoix

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